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Quand et comment l’heure bleue m’a-t-elle possédé?

Benard Grua Photographe:: on me demande, parfois, pourquoi et comment je serais devenu un photographe de "l'heure bleue". Comme je vais le raconter, j'ai été poussé par les circonstances et les opportunités. Il s'agit d' une aventure et d'une recherche solitaires que j'ai menées sans même avoir réellement conscience d'entrer dans une discipline particulière.
On me demande, parfois, pourquoi et comment je serais devenu un photographe de « l’heure bleue ». En réalité, j’y ai été poussé par les circonstances et les opportunités. Il s’agit d’ une aventure et d’une recherche solitaires que j’ai menées sans même avoir réellement conscience d’entrer dans une discipline particulière. Ce texte est le deuxième récit des chemins de traverse d’un parcours photographique.

Pourquoi et comment photographier en fin de journée

Mon métier principal a été d’organiser et de traiter des inventaires physiques. Pendant une dizaine d’années, j’ai eu l’occasion de réaliser des prestations dans de nombreuses villes d’Europe, dont certaines d’entre elles sont remarquables. J’ai profité de cette chance. Le soir, et aussi le week-end, je me changeais les idées en me promenant et en faisant des photos, comme d’autres se mettent devant la télévision en rentrant chez eux. Le week-end, je disposais de temps mais, en semaine, il en allait autrement. Je commençais, quasi systématiquement, mon travail à 7:00. Je faisais mon inventaire et ses contrôles. Je prennais un train dès que j’avais terminé. J’arrivais dans la ville suivante et me rendais à mon hôtel. Je déposais mes bagages et je ressortais très rapidement avec mon matériel photo. Soit je connaissais la ville, soit les soirs précédents j’ai fait des repérages sur Flickr, sur Google images et sur Mappy. C’est ainsi que j’ai commencé à photographier durant et après le crépuscule.

Combien de fois, marchant dans la nuit, à travers des lieux étrangers, qui me devenaient familiers au fil des années, j’entendais spontanément cette chanson? Patti Smith me tenait compagnie et m’aidait à mieux regarder ce qui m’entourait, en m’en imprégnant.

Quel est le problème de la photo de nuit?

Habituellement, les vraies photos de nuit ne sont pas, à mon sens, extraordinaires. Le ciel et les toits sont noirs, voire oranges, quand les lumières de la ville se reflètent dans les nuages. De larges zones sombres sont totalement «bouchées», d’autres d’une couleur marron, d’autres « cramées ».

J’ai connu une exception, c’était au cours de ma première soirée à Venise pendant la «aqua alta», une nuit d’hiver, entre 23 heures et 1 heure. Je déambulais dans la cité des Doges. La place St Marc était progressivement sous l’eau. On se déplaçait sur des passerelles de planches et de tréteaux. Le spectacle était envoûtant. A cette époque je n’avais pas de prévention contre la photo de nuit. Je ne l’avais guère pratiquée. Je ne sais pas si, avec l’expérience que j’ai acquise aujourd’hui, je me serais lancé dans cette sortie, dont l’issue aurait dû être sans grandes espérances. D’autant que j’ai dû l’achever pieds nus, pantalon retroussé, fin février, pour pouvoir regagner mon hôtel, dans une rue noyée.

Venise, la « aqua alta », nuit du 27 au 28 février 2010

J’aurais eu tort de ne rien tenter. En effet, plus tard, en convertissant mes photos en noir et blanc, le résultat n’était pas désespérant. J’en ai recherché la raison. A Venise, les façades sont trop hautes et les maisons trop resserrées pour que l’on voit le ciel. L’eau des canaux et la « aqua alta » renvoyaient la lumière, au lieu d’être une simple sombre chaussée ou place. Au final, c’est ainsi que j’ai fait la première photo que j’ai vendue, via Getty Images, au parfumeur Lubin. Celui-ci en a fait l’emblème de son eau de toilette « Figaro ».

Bernard Grua Photographe: photo pour le parfum "Figaro" de Lubin

J’ajoute avoir constaté, dans d’autres lieux, que la neige sur le sol peut, de la même façon que l’eau, jouer le rôle de réflecteur de lumière et présenter de bonnes opportunités de photos nocturnes.

Bernard Grua Photographe, Brandenburger Tor, Berlin
Brandenburger Tor, Berlin

Quand il ne reste plus que l’heure bleue

Venise a été une circonstance spéciale. Par la suite, j’ai eu l’occasion de faire des photos, plus tôt dans la soirée, à l’heure où s’allume l’éclairage public. J’en ai apprécié les résultats. J’ai appris que cette période, de quelques minutes, est connue. On l’appelle l’heure bleue. J’ai mis au point différentes techniques pour tirer partie de ce type de photographie. C’était une occupation tout à fait compatible avec mon activité principale. Même par temps maussade, en hiver, on peut souvent capturer l’heure bleue, alors que la journée n’a présenté aucun intérêt. Aujourd’hui, j’ai un portfolio conséquent de nombreuses villes historiques, principalement européennes, dans cette lumière si particulière.

Brême (Allemagne), Regensburg (Ratisbonne, Allemagne), Palma de Mallorca (Isles Baléares), Avignon (France)

Pourtant, il s’agit d’une événement éphémère. On ne peut réussir, généralement, qu’une seule photo durant l’heure bleue. En effet, la même prise de vue sera tentée à différents moments pour obtenir la meilleure exposition et la meilleure couleur. Si l’on a beaucoup de chance et beaucoup de sujets regroupés, on peut aller, au maximum, jusqu’à trois photos. Souvent, à «l’instant décisif», pour citer Henri Cartier-Bresson, il devient clair que l’on est placé au mauvais endroit. Le «chasseur de l’heure bleue» rentre bredouille.

Grenoble (France) | Florence (Italie) Suisse: Zurich – Zermatt

«Chasseur de l’heure bleue » vous rapportez, en règle générale, une image par sortie. On est dans un tout autre registre que la photographie de jour laquelle autorise des dizaines de clichés différents. Cela fait la rareté des productions de l’heure bleue et la valeur d’une telle collection.

France: Le Créac’h (Ouessant) – Callelongue (Marseille), Espagne: Formentera (Isles Baléares)

C’est l’heure que je préfère,

On l’appelle l’heure bleue

Où tout devient plus beau, plus doux, plus lumineux

C’est comme un voile de rêve

Qu’elle mettrait devant les yeux

Cette heure bien trop brève

Et qui s’appelle l’heure bleue

C’est une heure incertaine, c’est une heure entre deux

Où le ciel n’est pas gris même quand le ciel pleut

Je n’aime pas bien le jour:

Le jour s’évanouit peu à peu

La nuit attend son tour

Cela s’appelle l’heure bleue..

Françoise HARDY

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Publié par Bernard Grua

Graduated from Paris "Institut d'Etudes Politiques", financial auditor, photographer, founder and spokesperson of the worldwide movement which opposed to the delivery of Mitral invasion vessels to Putin's Russia, contributor to French and foreign media for culture, heritage and geopolitics.

3 commentaires sur « Quand et comment l’heure bleue m’a-t-elle possédé? »

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